
Seer Fellows a été fondé à Tunis en 2018. Depuis sa création, l’association a accompagné plusieurs étudiantes dans leurs parcours académiques et professionnels, en Tunisie comme à l’international.
Certaines ont poursuivi leurs études au sein d’institutions tunisiennes telles que l’IHEC Tunis ou l’ENIT, tandis que d’autres ont bénéficié d’opportunités à l’étranger, notamment à travers des programmes de fellowship à Stanford ou des parcours académiques et professionnels en Allemagne.
Nos mentors et donateurs sont en grande partie issus de la diaspora tunisienne, engagés à transmettre, soutenir et investir dans les trajectoires de jeunes femmes qu’ils considèrent comme des actrices clés de la Tunisie de demain.
Lorsque j’ai été acceptée en MBA à Columbia University à New York, où j’étais la première Tunisienne admise à ce programme, cette admission représentait pour moi une reconnaissance académique majeure. Je pensais alors pouvoir accéder relativement facilement à un financement. Elle s’est pourtant accompagnée d’un "reality check" : malgré mon parcours, je n’ai trouvé aucun financement ni aide scolaire, publique ou privée, pour poursuivre mes études.
En me penchant sur la question, j’ai réalisé que les bourses destinées aux étudiants tunisiens sont non seulement rares, mais surtout largement insuffisantes. Les aides publiques prennent majoritairement la forme de bourses sociales, dont les montants mensuels — souvent compris entre 20 et 30 euros — couvrent à peine le transport ou quelques dépenses de base. Elles ne permettent ni de financer le logement, ni d’assurer une vie étudiante stable, alors même que le coût de la vie en Tunisie ne cesse d’augmenter. Les dispositifs de bourses pour l’étranger sont encore plus limités : ils ne concernent qu’une infime partie des étudiants et permettent tout au plus de subvenir partiellement aux besoins du quotidien. Ils ne peuvent en aucun cas financer des études dans des universités privées de premier plan aux États-Unis ou dans d’autres systèmes académiques internationaux à très fort coût.
Ce fossé touche particulièrement les femmes. De nombreuses jeunes femmes brillantes, parfois lauréates de prix d’excellence, se retrouvent contraintes de renoncer à leurs études universitaires par manque de moyens financiers. En l’absence de soutien, les jeunes filles sont plus souvent conduites à l’abandon ou à l’autocensure de leurs ambitions académiques.
Seer Fellows est né de ce constat.
J’ai d’abord soutenu personnellement des étudiantes, puis j’ai souhaité structurer cette aide afin de la rendre plus durable et plus équitable. Seer Fellows a été créé pour offrir un soutien financier concret, complété par de l’accompagnement, afin de permettre à des jeunes femmes tunisiennes de poursuivre leurs études, de faire des choix éclairés et de construire leur avenir sans que le manque de moyens ne constitue un frein.
Meriem Salmon-Kebiri

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